Comment l’exercice physique stimule et soigne notre cerveau ?

En 1984, en Californie, Jack LaLanne est attaché à 70 bateaux comportant chacun un passager. Il les tracte pendant 2,5 km à la nage en luttant contre le vent et le courant. Il a 70 ans ! Né en 1914, il est considéré comme le père du fitness et a conçu de nombreux appareils de musculation devenus aujourd’hui des classiques (on lui attribue aussi l’invention d’un mouvement qui porte son nom : le jumping Jack). Il a vécu jusqu’à 96 ans. En plus de son incroyable forme physique, il était doté d’un esprit vif et d’un mental puissant. Face à tel homme, se posent certaines questions : existe-t-il un lien entre l’activité physique et la vivacité de l’esprit ? L’exercice physique agit-il sur notre cerveau ? Si oui, de quelle manière ?

Le sport stimule les facultés mentales

De nombreuses études scientifiques ont eu pour objectif d’étudier sur plusieurs dizaines d’années les résultats de tests cognitifs de deux types de populations : des personnes pratiquant une activité physique et des personnes sédentaires. Tous types de tests ont été réalisés et la conclusion est sans appel : faire de l’exercice au cours de sa vie se traduit par une amélioration des facultés cognitives, ce qui n’est pas le cas des personnes sédentaires.

Les adeptes de l’activité physique obtiennent de meilleurs résultats aux tests mesurant la mémoire à long terme, la capacité de raisonnement, l’attention, la capacité à résoudre des problèmes, l’aptitude à raisonner rapidement, à penser de manière abstraite et à improviser pour trouver des solutions. Les résultats ne sont en revanche pas aussi évidents sur la mémoire à court terme et certains types de réflexes. Par ailleurs, trop en faire, trop d’épuisement nuit à la cognition (« point trop n’en faut » !). 30 minutes d’exercice en aérobie (exercice d’intensité prolongé mais modéré) associé à du renforcement musculaire deux à trois fois par semaine seraient suffisants. Donc pas besoin de se lancer dans le marathon !

En effet, quand vous pratiquez de l’exercice physique (courir, pédaler, nager, soulever des haltères, etc.), la chimie du corps change : le sport accélère la fréquence cardiaque, disperse davantage de sang, d’oxygène, d’hormones et de neuromédiateurs dans tout l’organisme. Sur le moment, le cerveau réagit à l’exercice physique comme à une sorte de stress mais qui lui est au final bénéfique.

Le sport maintient les neurones en forme

L’exercice physique augmente aussi la quantité de FNDC (brain-derived neurotrophic factor – BDNF en Anglais), protéine qui agit comme une sorte de fertilisant sur certains neurones. John Ratey, psychiatre à Harvard affirme : « Cette protéine maintient les neurones existants jeunes et en bonne santé, et favorise leurs interconnexions. Elle stimule aussi la neurognèse, c’est-à-dire la forme de nouveaux neurones ». Les cellules cérébrales les plus sensibles au BDNF sont situées dans l’hippocampe, à l’intérieur des régions profondément impliquées dans la cognition humaine. L’exercice physique augmente la quantité de BDNF disponible au sein de ces cellules. La plupart des chercheurs pensent que ce phénomène protège également le cerveau des effets moléculaires négatifs du stress.

Sachant par ailleurs que la plupart des scientifiques considèrent la dépression comme un trouble de la gestion du stress, l’activité physique n’a-t-elle pas un rôle à jouer ?

Le sport soigne le cerveau

Les antidépresseurs, en augmentant les concentrations de sérotonine et d’autres neurotransmetteurs, stimuleraient la prolifération neuronale, en partie via l’action d’un facteur dit neurotrophique : le BDNF (voir paragraphe précédent).

Le sport a donc des effets chimiques comparables à ceux des antidépresseurs.

Par ailleurs, l’activité physique favorise la diminution du taux de cortisol, l’hormone du stress par excellence (dont on peut connaître le dosage par simple prise de sang) et favorise la sécrétion de neurotransmetteurs :

  • d’endorphine, l’hormone du bien-être. Elle stimule l’énergie, combat la douleur et réduit aussi l’effet du stress,
  • de dopamine, l’hormone de l’action, du plaisir et de la récompense,
  • de sérotonine qui joue un rôle majeur sur la détente, la bonne humeur et la régulation du cycle veille / sommeil.

Le sport par ses effets sur le cerveau peut donc jouer un rôle thérapeutique comme nous l’avons abordé dans l’article sur la sport thérapie.

En 2016, des chercheurs brésiliens ont réparti 57 participants atteints de dépression modérée ou grave, traités antidépresseur (inhibiteur de la recapture de la sérotonine), dans deux programmes : soit 4 séances d’endurance par semaine pendant 28 jours, soit aucune activité physique. Tous les patients ont vu leur état s’améliorer, mais ceux ayant fait du sport ont pu diminuer la quantité d’antidépresseurs consommée. Selon les scientifiques, l’activité physique renforcerait les effets biochimiques des médicaments. Des études similaires ont d’ailleurs révélé que le simple fait d’introduire des changements bénéfiques pour la santé – par exemple, mieux dormir ou faire de l’exercice – augmente souvent l’efficacité d’une molécule, passant de 10 % de rémission dans le cas d’antidépresseurs pris seuls à 60 % lorsque le traitement est associé à des activités sportives.

Ainsi, de nombreux psychiatres ont commencé à ajouter un plan d’activité physique à leur programme thérapeutique habituel.

En plus de son rôle thérapeutique, il joue également un rôle thérapeutique dans les maladies neurodégénératives comme la démence sénile ou la maladie d’Alzheimer.

Après des expériences reproduites aux quatre coins du monde sur des milliers de volontaires suivis souvent pendant des décennies, les résultats sont sans équivoque. Une activité cardio-vasculaire régulière et modérée permet de réduire de 50% le risque d’être atteint de démence sénile et de 60% celui d’être atteint par la maladie d’Alzheimer

Pour conclure 

L’exercice physique améliore le fonctionnement du cœur, ce qui réduit les risques de maladies cardio-vasculaires, améliore la mobilité et la vélocité et permet donc de mieux vieillir d’un point de vue physique.

En plus de vieillir « en beauté », les adeptes de l’activité physique gardent l’esprit plus vif, réfléchissent mieux. Ils sont aussi moins sujets aux états dépressifs et limitent leur risque d’être atteints d’une maladie neurodégénérative.

Et la bonne nouvelle, c’est qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire !

Des chercheurs ont sélectionné un groupe de personnes âgées sédentaires, ont mesuré leurs facultés mentales, leur ont fait pratiquer un exercice physique et ont réexaminé leurs facultés mentales. Ils ont ainsi découvert que quand ces personnes participent à un programme d’exercice d’endurance, elles améliorent toutes sortes de facultés mentales. Des résultats positifs ont été observés après seulement quatre mois d’activité physique.

Et vous, vous commencez quand ? 😉

Pour bien démarrer

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